Analyses des chansons de Rammstein

Analyse de "Spieluhr"

Comme Mein Herz brennt, cette chanson ne semble pas porter de message caché, ni de symboles. Il s’agit une fois encore d’une sombre fable. A vrai dire, l’album Mutter se distingue des précédents albums en cela : moins de sexe, moins de tabous, mais plus de poésie.

Spieluhr est l’histoire d’un enfant ayant "fait semblant d’être mort" (tombé dans le coma ?) se voit enterré près d’une boîte à musique. Au bout d’un certain temps, il se réveille et se met à chanter pour qu’on vienne le délivrer. Il chante "Hoppe Hoppe Reiter", une comptine fort appréciée des enfants, malgré son caractère "cruel" :

Hoppe hoppe Reiter
wenn er fällt, dann schreit er,
fällt er in den Teich,
find't ihn keiner gleich.

Hoppe hoppe Reiter
wenn er fällt, dann schreit er,
fällt er in den Graben,
fressen ihn die Raben.

Hoppe hoppe Reiter
wenn er fällt, dann schreit er,
fällt er in den Sumpf,
dann macht der Reiter... Plumps! (Kind "fallen lassen")


dont la traduction est la suivante :

Hue Hue, cavalier
Quand il tombe, il crie
S’il tombe dans l’étang
Personne ne le retrouvera

Hue Hue, cavalier
Quand il tombe, il crie
S’il tombe dans le fossé
Les corbeaux vont le manger

Hue Hue, cavalier
Quand il tombe, il crie
S’il tombe dans l’étang
Alors le cavalier fait…. Plouf ! (puis l’enfant tombe)

Les cas de personnes enterrées vivantes étaient assez courants, à l’époque où la médecine n’était pas aussi évoluée qu’elle ne l’est maintenant. Beaucoup de cercueils, sortis de terre, ont révélé des traces de griffure à l’intérieur. Emile Zola, dans sa nouvelle "La mort d’Olivier Becaille", nous narre l’expérience (fictive) d’un homme enterré vivant:
Extrait :
"Mon Dieu ! Mon Dieu ! Il est mort !" J’entendais tout, mais les sons affaiblis semblaient venir de très loin. Seul, mon œil gauche percevait encore une lueur confuse, une lumière blanchâtre où les objets se fondaient ; l’œil droit se trouvait complètement paralysé. C’était une syncope de mon être entier comme un coup de foudre qui m’avait anéanti. Ma volonté était morte, plus une fibre de ma chair ne m’obéissait. Et, dans ce néant, au-dessus de mes membres inertes, la pensée seule demeurait, lente et paresseuse, mais d’une netteté parfaite. Ma pauvre Marguerite pleurait, tombée à genoux devant le lit, répétant d’une voix déchirée : "Il est mort, mon Dieu ! Il est mort !"

 

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