Analyse de "Du Hast"
(Analyse de Fabienne) Parodie d'une cérémonie de mariage où le prêtre demande à chaque époux : "Veux-tu prendre comme époux, pour le meilleur ou pour le pire, dans l'épreuve et dans l'adversité, jusqu'à ce que la mort vous sépare..."
Ici l'amour est mêlé de haine et le serment de l'aimer même dans les mauvais jours, dans la vieillesse, est refusé.
La formule de demande en mariage est tronçonnée, les mots sortent par morceaux, comme crachés par la haine sous-jacente.
"Tu, tu as, tu m'as, tu m'as demandé". Jeu de mots dans cette phrase entre du hast = tu m'as et du hasst , du hasst mich = tu hais, tu me hais.
Tu m'as demandé (sous entendu : tu m'as demandé en mariage) et je n'ai rien répondu. Suivi par un NON ! prononcé avec violence et haine. Un non définitif.
Les deux couplets se font écho par des formules très ressemblantes et reposent sur un jeu de mots entre scheide ("bis der Tod euch scheiden" = séparer) et die Scheide = le vagin.
Le premier couplet reprend la formule classique de la demande en mariage : "Veux-tu être son époux jusqu'à ce la mort vous sépare". ( "bis der Tod euch scheide")
Le deuxième couplet déforme cette formule : "Veux-tu jusqu'à la mort du vagin" ( "zum Tod der Scheide")
"L'aimer même dans les mauvais jours".
La "mort du vagin" peut évoquer la ménopause, la période où le vagin n'est plus l'antre de la fertilité, c'est-à-dire : veux-tu l'aimer jusque dans la vieillesse, jusqu'aux frontières de la mort, pour toujours.
Le jeu de mots entre scheide (sépare) et Scheide (vagin) est amplifié dans la mesure où Die Scheide désigne, en allemand, plus précisément les lèvres du vagin, qui peuvent se séparer.
"L'aimer aussi dans les mauvais jours" : Parodie de "l'aimer dans l'épreuve et dans l'adversité". Les mauvais jours (...de la femme?) peuvent même évoquer les jours des règles qui cesseront à la mort du vagin, quand la femme aura cessé d'être fertile.
La réponse est ferme et cassante : Non !
Retour