Analyse de "Der Meister"
Une proposition de lecture de "Der Meister" ("Le maître") par rapprochement avec L'Apocalypse de St Jean.
Les références au Jugement dernier et au cavalier du Malin autorisent, et rendent même incontournable, la lecture de la chanson à la lumière de l’Apocalypse de St Jean.
Il n’est pas possible de savoir si Till s’est directement inspiré de l’Apocalypse, mais il faut savoir que toute notre littérature occidentale est empreinte des symboles contenus dans la Bible et que la référence peut être indirecte.
L'Apocalypse : Aux derniers jours, des fléaux s’abattront sur le monde pour causer la perte d’un tiers des hommes, ceux qui ne seront pas inscrits sur les tables de Dieu avant l’avènement de la nouvelle Jérusalem. L’antéchrist, le cavalier du malin, viendra pour séduire le monde et entraîner à leur perte les hommes qui y sont destinés.
Rapprochements dans le détail entre le texte de la chanson et le texte de l'Apocalypse :
« Le cavalier du malin nourrit son ulcère de jalousie »
- Le long poème « Jérusalem » du poète anglais William Blake a été inspiré de l’Apocalypse. Il représente la fin et la perte d’Albion. Il parle de la jalousie d'Albion, l'antéchrist, le cavalier du Malin :
« Ainsi parla Albion, plein de craintes jalouses, cachant son Emanation / Sur la tamise et la Medway, fleuves de Beulah, dissimulant / Sa jalousie devant le trône divin, entrant dans l’ombre glacée ! »
Dans l'Apocalypse de Jean, il y a de nombreuses références à des chevaux et des cavaliers :
- L’agneau ouvre le livre scellé de sept sceaux. Du troisième sceau sort « un cheval noir » « celui qui le montait tenait une balance dans sa main.
- « Et les quatre anges qui étaient prêts pour l'heure, le jour, le mois et l’année, furent déliés afin qu’ils tuassent le tiers des hommes. Le nombre des cavaliers de l’armée était de deux myriades de myriades : j’en entendis le nombre ».
- Du ciel ouvert « parut un cheval blanc. Celui qui le montait s’appelle Fidèle et Véritable et il juge et combat avec justice »
« Et je vis la bête, et les rois de la terre, et leurs armées rassemblées pour faire la guerre à celui qui était assis sur le cheval et à son armée »
"et la bête fut prise, et avec elle le faux prophète.
« La vérité est comme un orage ».
- « Du trône de la majesté divine » « sortent des éclairs, des voix et des tonnerres »
« Un ange puissant descendit du ciel ». "Quand il cria, les sept tonnerres firent entendre leurs voix. »
« Et le temple de dieu dans le ciel fut ouvert, et l’arche de son alliance apparut dans son temple. Et il y eut des éclairs, des voix, des tonnerres, un tremblement de terre, et une forte grêle »
"La nuit est moribonde "
= L’aube de la fin de temps.
Juste avant le moment où la nuit ne sera plus. C’est le moment de la perte pour les damnés avant la rédemption des Elus. Après le Jugement dernier, toute chose sera recréée dans La nouvelle Jérusalem : « ses portes ne fermeront point le jour, car il n’y aura point de nuit».
« La vérité est un chœur chanté par le vent.
Aucun ange ne viendra pour vous venger. »
- « Je vis quatre anges debout aux quatre coins de la terre ; ils retenaient les quatre vents de la terre, afin qu’il ne soufflât point de vent sur la terre, ni sur la mer, ni sur aucun arbre. Et je vis un autre ange, qui montait du côté du soleil levant, et qui tenait le sceau du Dieu vivant ; il cria d’une voix forte aux quatre anges à qui il avait été donné de faire du mal à la terre et à la mer, et il dit : Ne faites point de mal à la terre, ni à la mer, ni aux arbres, jusqu’à ce que nous ayons marqué du sceau le front des serviteurs de notre Dieu. »
« Vous serez brisés comme des petits bouts de bois »
- Avant la victoire sur la bête, l’antéchrist, les malheurs s’abattent sur la terre pour tuer un tiers des hommes, « les enfants du diable », les briser comme « des petits bouts de bois » « quiconque ne fut pas trouvé écrit dans le livre de vie fut jeté dans l’étang de feu. »
- « A celui qui vaincra, et qui gardera jusqu’à la fin mes œuvres, je donnerai autorité sur les nations. Il les paîtra avec une verge de fer, comme on brise les vases d’argile, ainsi que moi-même j’en ai reçu le pouvoir de mon père. Et je lui donnerai l’étoile du matin »
Analyse de Fabienne.
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