Rammstein dans la presse

Rammstein, en compagnie des ohms

Il y a encore quelques mois, on pouvait s’en tenir à ne considérer nos Berlinois tout feu tout flamme comme une aimable péripétie, un autre avatar de « l’humeur du moment ». Ce n’est plus le cas aujourd’hui, notamment en raison d’un second album, « sehnsucht », où la vérité éclate : Rammstein est fait pour durer.

On s’abstiendra de verser dans l’image guerrière (on verra pourquoi après). Et pourtant. Tout dans la façon de délivrer « Sehnsucht », successeur de l’explosif « Herzeleid », à commencer par un visuel intriguant et des vidéos qui ne pourront laisser insensibles, s’apparent à la seconde phase d’uns implacable invasion. Car, les intéressés le reconnaissent aisément, il s’agit désormais pour Rammstein de devenir « in-ter-na-tio-nal ». Dans leur Allemagne natale, tout est fait ou presque. Plus de quatre cent mille exemplaires vendus de « Herzeleid », des tournées à n’en plus finir (et où l’on affiche complet tous les soirs), un début de controverse nauséabonde : Rammstein est là-bas le groupe inévitable.

Depuis des mois, Rammstein était victime d’une censure dirigée par le boss de MTV-Allemagne en personne. L’affaire prit une tournure presque guignolesque lorsque, lors d’un festival, nos garçons alpaguèrent ledit ponte pour l’attacher à une chaise avant d’allumer à ses pieds deux des bombes fumigènes qu’ils utilisent sur scène. Des méthodes expéditives qui méritaient explication. « C’était quasiment notre seul moyen pour régler la question », énonce Till, le chanteur-frontman. « Qu’il ne veuille pas passer nos clips, libre à lui. Mais il justifiait sa décision par le prétexte que nous étions des néo-nazis. Et ça, nous ne l’avons pas supporté. On n’a pas le droit de sortir des conneries pareilles ! Certains Allemands ont vraiment un problème avec le passé de ce pays. Et, musicalement, quand tu essaies de sortir du lot, on te saute dessus, t’accusant de tout et n’importe quoi. Quel est le dernier truc vraiment original sorti d’Allemagne ? Kraftwerk. Eh bien, eux aussi ont connu ce genre de problème avec les médias à l’époque, à cause de leur look, de ce qu’il s cherchaient à exprimer. Eux aussi ont été suspectés d’être néo-nazis… »
Ach so, remonté, le garçon… Une façon aussi pour Rammstein de ne pas laisser filer un incident aux conséquences trop dommageables, incident qu’il aurait pourtant lui-même allumé d’une certaine manière en titillant la « matière à scandales », qu’il s’agisse de références ouvertes au sadomasochisme ou en exacerbant le sulfureux tous azimuts.

D’où aussi le désir avec « Sehnsucht » d’élargir quelque peu le spectre, musicalement dans un premier temps (« Sehnsucht » est moins « métal radical »), au niveau des textes ensuite, plus narratifs, plus « histoire à raconter » parfois : « Nous avons voulu privilégier la mélodie sur « Sehnsucht ». C’est pour ainsi dire un album plus chanté. On trouvera comme ça aussi sur cet album des textes disons sérieux ou incisifs, puis, à cotés, des trucs plus légers comme « Engel » qui parle…du sexe d’une femme, décrit comme un animal (rires) ! »
Ah, les femmes… Elles sont partout dans l’univers Rammstein : sur scène (eh, les mecs, l’adresse de vos stip-danseuses, c’est quand vous voulez !!!), sur les vidéos où ces dames sont le plus souvent réduites à de simples objets sexuels ou des victimes.
Tiendrait-on là l’archétype-même du « groupe pour males » ? : « A nos concerts, les premiers rangs sont composés à 80% de filles. Je reçois même des lettres de certaines d’entre elles qui disent s’identifier aux situations évoquées dans nos textes… C’est aussi la preuve que nous ne sommes pas seulement un grand cirque sur scène. Au risque de choquer, je considère ce que fait Rammstein comme la nouvelle musique européenne, au même titre que Prodigy par exemple. Nous apportons notre petite pierre à cet avenir européen, le début de la revanche sur les States (rires) ! »

Xavier Bonnet

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