Interview de Rammstein

Mon Zenith à moi

Au cours de l’après-midi précédent le show au Zénith de Paris, nous avons rejoint les membres de Rammstein dans un luxueux hôtel afin de leur passer le bonjour et de les questionner au sujet de leur actualité enflammée. Voici donc une rapide interview avec Flake le Timide et Paul le Bavard, ce dernier n’hésitant pas à nous demander ce qu’il est advenu des stands de merguez qui émaillaient autrefois les rues parisiennes, et aussi ce que pensent les Français de la situation américano-afghane. Curieux, va !
Par Sébastien Baert

Hard-Rock : Vous avez décidé de faire votre tournée européenne en deux fois. Pour quelles raisons ?
Paul :
C’est tout simple. Nous avons d’abord souhaité jouer dans de petites salles. Ensuite, une fois que notre dernier album, Mutter a commencé à être assimilé par le public, nous avons voulu revenir dans de plus grandes salles. D’un point de vue technique, c’est plus facile pour nous : la première partie de notre tournée s’est effectuée avec un seul camion tandis que maintenant, il y en a trois qui nous suivent. Nous apportons avec nous beaucoup plus de moyens pour cette seconde partie. Si nous avions intercalé les petites et les grosses salles, cela aurait posé pas mal de soucis de logistique. Ça n’aurait pas été gérable.

Lors de la première manche de votre tournée européenne, vous avez interprété la totalité de Mutter…
Nous avons également l’intention de jouer la quasi-totalité de Mutter dans cette deuxième partie de tournée. Et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, nous souhaitons faire la promotion de cet album, et ensuite, Rammstein existe maintenant depuis sept ans, et, comme en agriculture lorsque l’on plante des pommes de terre, on le fait pendant quatre ans et ensuite on abandonne la monoculture pour cultiver des tomates, par exemple. Ensuite, après deux ou trois ans, on peut revenir à la pomme de terre. Nous suivons ce concept : nous essayons de varier afin de pas nous lasser. Afin que nous puissions interpréter nos chansons avec le plein d’énergie et d’enthousiasme, il ne faut pas que nous en soyons nous-mêmes lassés. De plus, nos fans ne comprendraient pas non plus que nous fassions toujours la même chose, que nous leur proposions toujours le même spectacle. Comme nous souhaitons nous donner à fond et jouer nos morceaux vraiment avec le plus de plaisir possible, nous procédons de cette manière.

Clawfinger est toujours dans vos bagages pour ce deuxième passage en France…
Oui, nous apprécions énormément ce qu’ils font. De plus, nous avons un excellent relationnel avec eux. Nous nous entendons très bien.

Si vous aviez la possibilité de choisir un autre groupe de première partie, quel serait-il ?
Un groupe m’intéresserait plus particulièrement, il s’agit de Muse. D’un autre côté, il faut voir, parce que ce groupe a aujourd’hui un public assez large et n’accepterait donc peut-être pas de jouer avant nous. Ce n’est pas évident. Les formations que nous apprécions beaucoup ne sont pas toujours disponibles pour faire nos premières parties ou élargissent considérablement leur auditoire avant que nous ayons pu leur demander de jouer avec nous.

Avez-vous le droit de vous servir de tous vos effets pyrotechniques en France ?
Chaque pays a effectivement des lois différentes concernant la pyrotechnie, et dans certains d’entre eux, quelques-uns des effets ne sont pas autorisés. A la fin de nos tournées, nous nous retrouvons toujours avec un stock d’effets inutilisés. Maintenant, on voit cela de manière nettement plus cool. A l’époque, nous avions tendance à nous emporter chaque fois qu’on nous interdisait d’utiliser tel ou tel effet. Alors, soit on l’utilisait quand même, soit on bousillait les loges, ce qui nous a conduits à l’interdiction de jouer dans certaines salles. Nous nous sommes beaucoup calmés à ce niveau-là depuis.

Vous avez fait un concert aux Etats-Unis sans aucun effet. Comment était-ce pour vous ?
De temps en temps, en effet, il nous arrive de jouer sans les mettre en œuvre. Nous prenons du plaisir quand même. Pour nous, ces concerts sont plus tranquilles puisque nous n’avons plus à faire attention à notre placement sur scène, et donc, nous nous lâchons plus. Le public s’y retrouve. C’est comme lorsqu’on couche avec sa copine. Si on s’applique de l’huile corporelle à chaque fois, ça peut être très bien, mais seulement si une fois de temps en temps, on ne s’en met pas.

Ça fait maintenant un moment que vous êtes sur la route, quand votre tournée va-t-elle s’achever ?
Flake:
Elle touchera à sa fin fin vers Noël à peu près, pour que nous ayons la possibilité d’acheter des cadeaux un peu partout en Europe. Quand nous aurons tout ce qu’il faut pour nos familles et nos amis, nous rentrerons chez nous.

Le clip de " Ich Will " a été interdit de diffusion aux Etats-Unis. Est-ce une chose que vous comprenez et que vous acceptez ?
Oui, bien sûr. Moi-même, je joue dans ce clip un terroriste kamikaze, et on peut tout à fait comprendre que ce ne soit pas au goût des Américains en ce moment. Même si la vidéo pourrait correspondre à la situation actuelle là-bas. Nous voulions en quelque sorte à travers ce clip critiquer les médias qui ont tendance à transformer en des héros les simples criminels.
Paul : De nos jours, peu importe ce que l’on fait, même si c’est une connerie monumentale, parce que plus on en fait, plus on devient célèbre. Ben Laden, avec tout ce qu’il a fait, est devenu très célèbre, tout le monde le connaît. C’est un peu contre cela que nous voulions nous révolter.

Mutter ressort sous une nouvelle édition avec quatre morceaux live en bonus…
Flake :
C’est une décision de la maison de disques. Nous n’étions pas forcément enchantés parce que quand nous sommes sur scène, nous avons un peu le trac, et les morceaux ne sont donc pas d’aussi bonne qualité qu’en studio.
Paul : C’est un principe assez développé. Dès que les ventes d’un disque commencent à baisser, les labels trouvent des stratagèmes pour relancer la machine. Mais nous sommes tout à fait conscients que ce que nous faisons relève également du business, donc nous suivons cette argumentation commerciale. On se laisse faire et on ne met pas notre veto. Mais, d’un autre côté, nous avons une démarche supplémentaire, à savoir que nous avons décidé de mettre ces quatre morceaux live sur notre site web. Donc, nos fans de la première heure, ceux qui ont acheté Mutter le jour de sa sortie et qui sont forcément intéressés par ces morceaux live, ne sont pas obligés de racheter l’album. Ils peuvent les télécharger sur notre site Nous avons fait ça pour que notre public ne croie pas que nous ne pensons qu’au business.

Un livre, Rammstein - The Book, vient de sortir…
Flake :
C’est un recueil de photos.
Paul : Et les photos sont très bonnes !

Ce bouquin est signé Gert Hof. Qui est cette personne ?
Flake :
C’est quelqu’un qui vient du théâtre. Il est metteur en scène. Il nous aide de temps en temps. Pour ce livre, c’est lui qui a sélectionné les photos. Il a peut-être un peu tendance à toujours se mettre en avant, à mettre son nom en gros, mais ce n’est pas quelqu’un qui compte énormément. C’est un petit homme. Par la taille aussi (rires) ! Il est très gentil, mais voilà, quoi…

L’argumentaire de ce livre tourne autour de la représentation du passé, du présent et du futur de Rammstein. Vous, comment voyez-vous votre avenir ?
No Future (rires) !
Paul : Il est très difficile pour un groupe de se projeter dans l’avenir. C’est comme pour un couple : on fait de son mieux chaque jour, on fait des efforts, mais on ne sait pas à l’avance combien de temps ça va durer. En plus, en l’occurrence, on arrive à se faire payer, contrairement à un couple (rires) ! Nous sommes très occupés avec le présent pour nous soucier de l’avenir. Nous n’avons plus vraiment de loisirs et encore moins de week-ends. Nous vivons à l’heure actuelle uniquement pour le groupe. Nous aimerions beaucoup prendre une année sabbatique, mais il faut que nous assurions quelques festivals l’été prochain pour renflouer la caisse. Le dernier show que nous avons donné en Allemagne nous a coûté plus de 2,5 millions de DM (NDLR : près de 9 millions de francs) et nous sommes encore dans le rouge aujourd’hui. Mais on ne joue pas dans les festivals juste pour l’argent, ça nous procure un réel plaisir. Et c’est l’occasion de voir jouer des groupes qu’on ne verrait pas d’ordinaire.

Hard Rock Mag n°75, Janvier 2002


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